Livres de l'été : notre sélection

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Les Suprêmes chantent le blues

Les Suprêmes chantent le blues

Vous allez avoir envie de devenir leur copine ! Clarice, Barbara Jean et Odette, trio inséparable depuis l'enfance baptisé « les Suprêmes », vivent à Plainview, une petite ville paisible de l'Indiana où tout le monde connaît tout le monde : chaque dimanche après la messe, elles se retrouvent au restaurant Chez Earl pour papoter en dégustant une tarte aux cerises. Mais leur existence tranquille risque d'être bousculée par la réapparition d'El Walker, guitariste de blues légendaire qui a déserté les lieux quarante ans plus tôt, abandonnant femme et enfant. Sa mythique guitare recouverte d'une peau de léopard en guise de déambulateur, le bluesman de 80 ans déboule comme un chien dans un jeu de quilles et oblige chacun à affronter les fantômes du passé.
Mariage entre octogénaires, conversation avec les morts, coming out d'une chanteuse née homme et devenue femme, réconciliation entre un père toxico et un fils traumatisé… Edward Kesley Moore livre une chronique bourrée d'humour et d'humanité qui prêche la tolérance et le pardon. Surtout, son roman est une véritable ode à la musique soul dans ce qu'elle a de plus jubilatoire et tragique, nous faisant sans cesse osciller entre rires et larmes. Le premier opus des Suprêmes, publié en 2014, a été un best-seller planétaire inattendu. Ce second tome ne devrait pas décevoir les fans. Et surtout en convertir de nouveaux…

Les Suprêmes chantent le blues, d'Edward Kesley Moore, éd. Actes Sud, 22,50 €.

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La Maison aux orangers

La Maison aux orangers

Elle est juive, il est arabe. Elle est anglaise, il est palestinien. Sa famille a connu les camps, il a connu l'exil. Judit et Salim se rencontrent dans le Swinging London des années 1960 et tombent fous amoureux. Cependant, leur idylle enflammée ne tarde pas à rencontrer les récifs de l'Histoire et à se briser sur les préjugés de leurs communautés respectives. De la création d'Israël en 1948 jusqu'à celle du Hamas en 1987, des grandes villes occidentales au désert oriental, de la vie de famille à la guerre, Claire Hajaj livre une fresque passionnante aux allures de tragédie antique : emportés par des passions qui les dépassent, ses héros se débattent pour échapper à l'implacabilité du destin.

La Maison aux orangers, de Claire Hajaj, éd. Les Escales, 21,90 €.

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Puisque tout passe

Puisque tout passe

Son charme hitchcockien a plané sur les JT du week-end pendant près d'un quart de siècle. Dans ce livre sans fard, elle dévoile la femme, l'amante, la mère qui flamboient derrière son image glacée. Entre succès professionnel, passions amoureuses, amitié à toute épreuve et goût des arts, elle se révèle dans toute sa complexité, à la fois puissante et fragile, déterminée et vulnérable, lumineuse et mélancolique. À 60 ans passés, Claire Chazal se réinvente sous nos yeux…

Puisque tout passe, fragments de vie de Claire Chazal, éd. Grasset, 18 €.

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Tarte aux pêches tibétaines

Tarte aux pêches tibétaines

Écrivain peu connu en France, Tom Robbins est adulé aux États-Unis où il fait partie des grands. Bien qu’il se défende du terme, ce sont les mémoires d’une vie pas comme les autres qu’il raconte dans cette Tarte aux pêches tibétaines. De son enfance en Caroline du Nord à la guerre de Corée, où il a servi dans le service météorologique, en passant par les milieux bohèmes de la génération beatnik, Robbins a traversé l’existence dans un grand éclat de rire. Irrévérencieux, facétieux, joyeusement incorrect, le récit de cette existence qui n’est guidée que par le souci d’en jouir nous donne une leçon de légèreté et d’insouciance. Jubilatoire.

Tarte aux pêches tibétaines, de Tom Robbins, Gallmeister, 25 €.

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Hippie

Hippie

Pacifique, épris de liberté, anticonformiste : à l'aube des années 1970, le mouvement hippie connaît ses plus belles heures. Paulo, candide Brésilien aux cheveux longs, et Karla, jeune Hollandaise mystique en recherche de spiritualité, embarquent dans le mythique « Magic Bus » pour rejoindre le Népal depuis Amsterdam. Traversant frontières, cultures, religions, ils vont faire un voyage initiatique qui inspirera leur amour naissant autant que leur quête du « sens de la vie ». Le Sud-Américain Paulo Coelho livre peut-être son roman le plus autobiographique : porté par la philosophie new age qui a fait son succès depuis L'Alchimiste, il s'inspire de ses propres souvenirs pour ressusciter les espoirs d'une génération qui a voulu rêver un monde nouveau et s'est fracassée sur le prosaïsme de la réalité. Un road trip illuminé qui célèbre le chemin parcouru plutôt que l'arrivée à destination, où nos deux jeunes héros ne parviendront peut-être jamais…

Hippie, de Paulo Coelho, éd. Flammarion, 19 €.

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Le dernier tableau de Sara de Vos

Le dernier tableau de Sara de Vos

Quel est le lien entre Sara de Vos, l'une des rares femmes peintres dans la Hollande du XVIIe siècle, Marty De Groot, riche New-Yorkais des années 1950 qui étouffe dans son existence upper class, et Ellie Shipley, brillante historienne d'art australienne de l'aube du troisième millénaire à l'apogée de sa carrière ? Trois époques, trois lieux, trois destins reliés par un tableau : À l'orée du bois. Ce roman brillamment documenté joue avec la fiction et s'amuse à révéler le savoir-faire des faussaires. Peint par Sara en 1636 pour exorciser la mort de sa fille, emportée par la peste, ce chef-d'œuvre est acheté par l'ancêtre de Marty. Il restera dans sa famille jusqu'à ce qu'il lui soit volé dans son penthouse de la Cinquième Avenue et remplacé par un faux. En 2000, à la faveur d'une exposition préparée par Ellie à Sydney, le tableau et son double réapparaissent… Une construction en abyme tient le lecteur en haleine jusqu'à ce que les trois histoires se télescopent pour révéler la magie de l'art dans nos existences. Orfèvre de l'âme humaine, Dominic Smith nous entraîne dans un jeu d'ombres et de lumières où se répondent création artistique et mensonges, amour et faux-semblants, épreuves et résilience. Un roman de maître…

Le dernier tableau de Sara de Vos, de Dominic Smith, éd. Belfond, 21 €.

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Nos révolutions

Nos révolutions

Une saga familiale qui revisite l’histoire des États-Unis, ça sent le déjà-vu. Sauf qu’avec Jane Smiley, l’exercice a une autre saveur. Elle n’utilise pas les événements en toile de fond, elle nous plonge en leur cœur, par petites touches, comme ses personnages les vivent, avec leur subjectivité, leurs certitudes et leurs faiblesses. Et on y croit. D’une écriture précise parfois elliptique, elle nous fait aimer le clan Langdon et toutes ses ramifications. On s’attache à ces personnages qui tracent leur sillon dans un pays en proie à la violence, la contestation, la guerre… Vite, on veut le troisième tome de la trilogie !

Nos révolutions, Un siècle américain tome 2, Jane Smiley, éd. Rivages, 24,50 €.

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Made in Sweden

Made in Sweden

Ce roman s'inspire d'une histoire vraie : une série de braquages hauts en couleur qui a défrayé la chronique en Suède au début des années 1990. Écrit à quatre mains, Made in Sweden est construit autour du jeu du chat et de la souris : d'une part, trois frères braqueurs qui tentent d'échapper à une enfance brisée par la violence paternelle ; de l'autre, un enquêteur acharné qui vire à l'obsessionnel… Au final, un récit addictif que l'on a du mal à lâcher dès lors que l'on a commencé à lire ce pavé de près de mille pages !

Made in Sweden, de Roslund & Thunberg, éd. Actes Sud, 23,80 €.

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VNR

VNR

Quinquagénaire chômeur en fin de droits abandonné par sa femme et ses enfants, Alain a décidé de se venger en kidnappant et en éliminant les trois personnes qu’il pense responsables de son malheur. Un seul point de vue : celui d’Alain dont le long monologue – il s’adresse à ses victimes – constitue le récit. Entre comique et noirceur, la langue Laurent Chalumeau, l'une des plumes les plus originales du polar français, fait merveille dans le registre gouailleur audiardien.

VNR, de Laurent Chalumeau, Grasset, 17,50 €.

 

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L’Oasis éternelle

L’Oasis éternelle

Après le vol d’un manuscrit ancien, le Mardud de Séville, les agents du Corps royal des quêteurs, une organisation secrète chargée de récupérer les œuvres d’art volées à l’Espagne, se lancent dans une course-poursuite qui les mènera jusqu’à Tombouctou aux mains des islamistes d’Aqmi. Action trépidante, rebondissements mais aussi érudition… L’auteur brille dans le registre du roman d’aventures ésotériques. On retrouve avec bonheur les héros de La Table du roi Salomon.

L’Oasis éternelle, de Luis Montero Manglano, Actes Sud, 24 €.

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Mon autre famille

Mon autre famille

Comment le fils d'une famille ultra-conservatrice du Sud des États-Unis est-il devenu une figure phare de la communauté gay californienne ? C'est ce que raconte dans Mon autre famille Armistead Maupin, qui fut l'un des premiers auteurs américains à assumer publiquement son homosexualité au début des années 1970. Guerre du Vietnam, révolution sexuelle, sida, élection d'Obama etc., il traverse soixante ans d'histoire pour retracer son passage d'une famille à l'autre. Surtout, il livre le récit d'une acceptation de soi et de sa singularité, dont l'écriture a été la catharsis. En effet, ses célèbres Chroniques de San Francisco, parues à partir de 1976, sont devenues un best-seller mondial : elles ont changé le regard porté par le grand public sur la liberté sexuelle des femmes et l'homosexualité, ouvrant la voie à Sex and the City ou Orange Is the New black. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si Netflix vient de les adapter dans une série qui devrait sortir courant 2019. Une œuvre toujours d'actualité à (re)lire en complément de cette autobiographie bouleversante…

Mon autre famille, d'Armistead Maupin, éd. de l'Olivier, 22 €.

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Colza mécanique

Colza mécanique

Après un hilarant Aphrodite et vieilles dentelles, la Suédoise K. Brunk Holmqvist revient avec Colza mécanique, qui met en scène deux vieux frères campagnards un peu frustes pris dans la tourmente médiatique provoquée par une rumeur, selon laquelle leur champ serait une piste d’atterrissage extraterrestre. L’auteure reprend les mêmes ingrédients que dans son précédent roman : personnages pittoresques, situations drolatiques et intrigue délirante. À rire absolument.

Colza mécanique, K. Brunk Holmqvist, éd. J’ai Lu, 8 €.

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L'enfance de l'art

L'enfance de l'art

Des nouvelles de jeunesse inédites de l'auteur de Petit Déjeuner chez Tiffany. Montrant une maturité troublante pour sonder l'âme humaine et ses miroitements, il livre de véritables petites merveilles, aussi légères et profondes qu'un solo de Chet Baker…

Mademoiselle Belle, de Truman Capote, éd. Grasset, 8,50 €.

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Merci Angélique

Merci Angélique

Amour, liberté, nature, cuisine... autant de passions que l'auteure Marie de La Forest partage avec l'héroïne interprétée au cinéma par Michèle Mercier. Balade passionnée, et illustrée, dans le monde de la marquise des Anges.

Merci Angélique, de Marie de La Forest, éd. du rêve, 19,90 €.

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